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Lettre ouverte au Premier Ministre sur la situation préoccupante de la filière des EnR électriques française

30 septembre 2026

Les entreprises du secteur des énergies renouvelables traversent une période de profonde inquiétude alors même qu’elles jouent un rôle essentiel dans la réduction de notre dépendance aux énergies fossiles. France renouvelables, aux côtés du Syndicat des énergies renouvelables (SER) et d’ ENERPLAN, adresse une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu.

Depuis des mois, nos organisations alertent les pouvoirs publics sur les difficultés qui s’accumulent dans nos filières. Nous avons participé aux concertations, formulé des propositions et recherché le dialogue. Les décisions qui seront prises dans les prochaines semaines détermineront la capacité de nos filières à investir et à préserver les emplois. Les entreprises, les salariés et les territoires concernés redoutent d’être la variable d’ajustement d’enjeux politiques et doutent de la continuité de la politique publique de promotion des énergies renouvelable.

La publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, que vous avez décidée de débloquer, avait pourtant permis de fixer une trajectoire et de redonner de la visibilité aux filières. Aujourd’hui, il est cependant crucial d’aller au bout de la trajectoire prise avec une réelle mise en œuvre des objectifs annoncés. Partout en France, des projets sont ralentis ou reportés, tandis que des décisions d’investissement sont annulées. Plusieurs centaines d’emplois ont déjà été supprimés et d’autres sont menacés dans les mois à venir.

Des compétences acquises au fil des années risquent de disparaître. Les compétences et les talents commencent à quitter la filière. Demain, c’est notre tissu entrepreneurial qui pourrait durablement s’affaiblir. Cette situation touche tout un écosystème : non seulement les entreprises des renouvelables stricto sensu, mais aussi les entreprises de travaux, les bureaux d’études, ainsi que les sociétés de maintenance et de transport. Tous ces acteurs dépendent de cette activité et constituent une chaîne de valeur industrielle et territoriale unique et performante, patiemment construite au cours des dernières années. Le manque de visibilité et de stabilité frappe de plein fouet nos entreprises : il entraine des plans de licenciements en nombre, gèle les recrutements, retarde les projets et menace le développement de l’industrie.

Nos entreprises ne demandent qu’à continuer à investir pour renforcer notre indépendance énergétique, soutenir l’électrification du pays et créer de l’activité dans les territoires. Elles le font sur la base de trajectoires claires et de dispositifs stables instaurés par l’État dans la durée. C’est la condition sine qua non de la mobilisation de l’investissement privé au service de la politique énergétique du gouvernement. Les signaux observés sur le marché de l’électricité ne remettent pas en cause cette trajectoire. Ils soulignent au contraire la nécessité de poursuivre l’intégration des énergies renouvelables au système électrique, en accélérant parallèlement l’électrification des usages, le stockage et les flexibilités.

Nos entreprises attendent de vous, Monsieur le Premier ministre, un signal fort et clair : la garantie des volumes appelés permettant à chacune de nos filières de se développer dans le respect des volumes de la PPE, ainsi que l’annonce et le respect de calendriers leur permettant de se projeter dans la durée. Sans un tel signal, les restructurations, les abandons de projets et la disparition de compétences précieuses pour les territoires se multiplieront. Nous, acteurs de la transition énergétique, sommes convaincus qu’il est encore possible d’éviter un affaiblissement durable de cet écosystème. Il vous appartient de redonner confiance aux entreprises, aux salariés et aux territoires qui contribuent chaque jour à la transition énergétique, comme vous l’avez fait lors de l’adoption de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie.