Rapport Lévy-Tuot : France renouvelables salue un diagnostic lucide et appelle à faire de la levée des contraintes le premier levier d’optimisation des soutiens publics
À la suite de la publication du rapport de la mission Lévy-Tuot sur l’optimisation des soutiens aux énergies renouvelables électriques et au stockage, France renouvelables se félicite de la convergence des analyses avec celles portées de longue date par la filière. Fidèle à son approche, c’est avec maturité et responsabilité que l’association porte-parole des énergies renouvelables électriques en France, a abordé l’ensemble des questions soulevées par le rapport pour y apporter une réponse constructive et objectivée.
Un diagnostic partagé : les énergies renouvelables électriques sont compétitives
France renouvelables salue ainsi la reconnaissance, par un rapport indépendant, de la contribution significative des énergies renouvelables électriques à la baisse des prix de l’électricité en France, au bénéfice direct des consommateurs comme de la compétitivité de l’économie française.
Ce constat met toutefois en lumière un paradoxe structurant : ces prix bas envoient un signal économique insuffisant pour soutenir les investissements de long terme, notamment via les contrats d’achat direct d’électricité (PPA), pourtant essentiels au financement des projets.
Contraintes administratives et réglementaires : le principal levier d’optimisation des coûts
Le rapport rejoint pleinement un constat porté de longue date par la filière : il existe un lien direct entre les contraintes technologiques, administratives et réglementaires, le coût de production de l’électricité renouvelable et le niveau du soutien public.
Dans ce contexte, la simplification des cadres de développement apparaît comme le premier levier d’optimisation budgétaire. Aujourd’hui, les coûts de développement en France demeurent significativement plus élevés que dans les pays voisins, en raison notamment de délais d’instruction trop longs, de la complexité des procédures et de la multiplicité des acteurs impliqués.
Développer les flexibilités et le stockage par batterie : un enjeu central pour la stabilité des prix de l’électricité
A l’instar de nombreuses analyses, ce rapport plaide également pour le développement des flexibilités et du stockage en particulier par batteries. France renouvelable porte ce sujet depuis de nombreuses années, et si le gouvernement n’a malheureusement pas souhaité intégrer des objectifs de stockage dans la PPE, il est encore temps de développer une stratégie ambitieuse sur le sujet. Le stockage est un puissant outil de pilotabilité du système électrique et de stabilité des prix de l’électricité.
Un cadre à stabiliser pour sécuriser les investissements
France renouvelables accueille favorablement les recommandations visant à stabiliser les mécanismes de soutien, à faciliter les décisions d’investissement et à développer les contrats de type cPPA (corporate Power Purchase Agreement), en sécurisant à la fois producteurs et acheteurs.
L’ensemble des recommandations visant à aligner les cadres fiscaux avec les objectifs d’électrification, d’indépendance énergétique et de décarbonation constitue également un axe cohérent. Elles font écho aux propositions qui visent à renforcer la flexibilité de la consommation, levier structurant pour accompagner la transformation du système électrique français.
Le développement et la flexibilisation de la demande apparaissent en effet comme des conditions essentielles pour renforcer l’efficacité du système électrique et accompagner l’évolution des usages.
Si la dynamique générale du rapport est saluée, certaines propositions interrogent toutefois la filière, notamment le recours à des appels d’offres technologiquement neutres et la réduction du nombre d’appels d’offres annuels.
Appliquées sans ajustement, ces orientations pourraient fragiliser la visibilité indispensable aux acteurs et ralentir le développement des projets.
Anne-Catherine de Tourtier, présidente de France renouvelables, déclare :
« Ce rapport confirme des diagnostics que la filière porte depuis plusieurs années : le poids des cadres français de développement des énergies renouvelables électriques renchérit mécaniquement le coût de l’électricité renouvelable et pèse sur le niveau de soutien public.
C’est un paradoxe, car ces contraintes relèvent de la puissance publique, tout comme l’objectif d’optimisation des soutiens. France renouvelables, qui a largement contribué aux conclusions de ce rapport, saura, comme toujours, être force de proposition sur ce sujet.
Leur transformation constitue donc un chantier prioritaire et une source majeure d’économies, estimées à près de 2 milliards d’euros par an.
Dans un contexte de volatilité des prix des énergies fossiles importées et de dépendances structurelles, il est essentiel de bâtir, au coeur de la stratégie d’électrification des usages, un modèle de production d’électricité renouvelable à la fois compétitif, attractif et garant de notre souveraineté énergétique. »
