Quand les citoyens s'organisent pour développer des projets éoliens ou solaires sur leur territoire
Partout en France, de plus en plus de citoyens prennent l’initiative pour développer et structurer des projets d’énergies renouvelables électriques. Ces projets « citoyens » d’énergies renouvelables, il en existe près de 500 aujourd’hui dans l’Hexagone, réunissant plus de 33 000 français ainsi que près de 900 collectivités actionnaires. Ces installations produisent une énergie locale et décarbonée et s contribuent déjà à notre sortie des énergies fossiles pour renforcer ainsi notre souveraineté énergétique.
Des projets de territoire, faits par et pour celles et ceux qui y vivent
Dans un projet EnR citoyen, habitants et acteurs locaux participent au financement du capital et à la gouvernance du projet : ils maîtrisent ainsi les décisions, notamment sur l’emploi des bénéfices du projet. Ce n’est pas une simple installation technique, mais une démarche collective où les habitants passent de « consommateurs » à « consomm’acteurs » dans la production d’énergie renouvelable locale.
Citoyens, collectivités et professionnels des énergies renouvelables coopèrent : l’implication des premiers, le soutien des seconds et l’expertise technique des troisièmes permettent de mener des projets ancrés dans leur territoire et mieux acceptés localement.
Les projets citoyens d’énergie renouvelable garantissent un ancrage local, permettent une réappropriation citoyenne des questions énergétiques et mobilisent l’épargne de proximité pour garantir de meilleures retombées économiques pour le territoire et ses habitants.
Des bénéfices directs pour les territoires et leurs habitants
Un projet EnR citoyen permet évidemment de produire une énergie renouvelable propre et locale, indispensable pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles importées. Et il oriente les bénéfices dans l’intérêt du territoire et de celles et ceux qui y vivent.
Selon une étude d’évaluation menée par Énergie Partagée en 2023, les retombées économiques locales des projets citoyens sont supérieures à celles de projets classiques et ils génèrent d’autres bénéfices personnels et collectifs pour les acteurs impliqués. Pour 1 € investi dans un projet citoyen d’énergie renouvelable, 2,5 € bénéficient au territoire, grâce à la fiscalité, aux loyers, aux salaires, aux prestations et aux revenus de l’investissement, estime Énergie Partagé.
Mais ces bénéfices vont bien au-delà de la production d’énergie et des retombées économiques. Le projet permet une meilleure compréhension des enjeux par tous et une adhésion collective aux projets de transition énergétique. Il est l’occasion de sensibiliser aux questions d’efficacité et de sobriété énergétique. Son pilotage initie de nouvelles coopérations locales entre citoyens, collectivités et professionnels de l’énergie. Et cette initiative collective peut essaimer sur d’autres thèmes (agriculture, épargne, mobilité…).
Un label pour distinguer les projets citoyens
Le mouvement Énergie Partagée labellise les projets selon une quinzaine de critères, répartis autour de 5 axes :
– Intérêt territorial, en assurant que le pilotage du projet reste aux mains des habitants et des acteurs de territoire, garantissant les retombées locales.
– Gouvernance partagée, en prenant toutes les décisions de façon démocratique et transparente.
– Dynamique locale, en faisant travailler les compétences locales et mobiliser le territoire.
– Exigence écologique, en veillant à réduire les impacts environnementaux du projet et à promouvoir l’efficacité et la sobriété énergétique.
– Financement éthique, public et citoyen, en mobilisant l’épargne des ménages et les capacités d’investissement des collectivités.
120 millions d’euros d’investissements et 487 projets dans toute la France
Autour de ces valeurs, le mouvement Énergie Partagée réunit plus de 560 organisations au sein de son association et fédère un réseau d’accompagnement dans les régions, pour faciliter l’émergence et la structuration de projets EnR citoyens. Il s’appuie également sur un fonds d’investissement, où plus de 7 500 citoyens actionnaires ont réuni leur épargne (47 millions d’euros début 2026). Grâce à ce fonds, Énergie Partagée a déjà co-financé 222 projets citoyens, à hauteur de 51 millions d’euros (dont 20 dans le photovoltaïque et 19 dans l’éolien).
Selon le décompte d’Énergie Partagée, il y a aujourd’hui 487 projets citoyens d’énergie renouvelable labellisés en France, dont 345 produisent déjà de l’énergie. Au total, plus de 33 000 citoyens actionnaires ont investi près de 48 millions d’euros dans ces projets, avec le soutien de 856 collectivités actionnaires ont investi 21 millions d’euros supplémentaires.
Carte de l’énergie citoyenne
La carte peut mettre une dizaine de secondes à charger. Merci pour votre patience ! Pour l’afficher en plein écran, vous pouvez la consulter directement sur le site d’Énergie partagé.
Des éoliennes et des panneaux solaires citoyens au service de notre souveraineté
Le solaire photovoltaïque est au cœur de la majorité des projets (348 sur 487), pour une puissance cumulée de 360 MW. Une quarantaine sont des projets éoliens (547 MW) et une dizaine concernent des installations hydroélectriques (2,7 MW). Soit au total 910 MW, l’équivalent de la puissance standard d’un réacteur nucléaire en France.
Toutes ces installations EnR électriques génèrent déjà 1,67 TWh chaque année (1 239 GWh pour l’éolien, 420 GWh pour le solaire et 10 GWh pour l’hydroélectricité). Assez d’énergie pour couvrir les besoins en électricité – eau chaude et chauffage compris – de près d’un million de personnes en France, ou pour parcourir 5,9 milliards de km en véhicule électrique (150 000 tours du monde). En remplaçant l’électricité produite à partir de charbon et de gaz en France et chez nos voisins européens, ces parcs renouvelables ont évité l’émission de 675 000 tonnes de CO2, soit l’empreinte carbone annuelle de 82 000 Français. Elles ont ainsi réduit nos importations de gaz de 265 millions de m3 de gaz l’année dernière. L’équivalent de 3 gros méthaniers remplis de GNL américain ou qatari. Cela représente une économie d’une centaine de millions d’euros sur la facture de nos importations de gaz en 2025.

