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Les énergies renouvelables électriques françaises au service des collectivités

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9 mars 2026

L’éolien et le photovoltaïque permettent aux communes qui les accueillent de se réinventer. Construction de lieux sociaux, rénovation du patrimoine, services à la population, maintien d’activités agricoles … Autant de projets qui n’auraient parfois jamais vu le jour sans ces énergies. Grâce aux revenus fiscaux générés par les parcs et aux mesures d’accompagnement mises en œuvre par les développeurs, les communes ré-investissent dans les services publics, accélèrent leur transition énergétique et renforcent le lien social tout en préservant la spécificité de leur territoire. Découvrez des témoignages, des exemples et pourquoi nous pouvons être fiers de produire de l’électricité décarbonée en France !

Pour une souveraineté énergétique locale

En France, notre électricité est déjà largement décarbonée, mais notre mix énergétique repose encore à 60 % sur le pétrole et le gaz, deux énergies fossiles entièrement importées. Cette dépendance est non seulement catastrophique pour le climat, mais aussi pour notre économie et notre souveraineté.

Pour en sortir, l’électrification de nos usages (se déplacer, se chauffer) et de nos industries est un levier essentiel. Grâce à la sobriété et à l’efficacité énergétique, nous consommerons demain moins d’énergie. Mais il nous faudra davantage d’électricité. Et le meilleur moyen d’en produire rapidement, à moindre coût, tout en limitant les émissions de carbone, est de développer les énergies renouvelables.

Une fois construits, les parcs éoliens et photovoltaïques produisent de l’électricité décarbonée pendant 20 à 25 ans, sans dépendre des marchés internationaux ni des tensions géopolitiques. Ces énergies renouvelables locales nous protègent ainsi contre la volatilité des prix de l’énergie et les crises internationales. Elles renforcent la résilience de nos territoires et notre souveraineté commune. Développer les renouvelables est donc« une évidence face aux crises » estime Annie Poinot-Rivière, maire de Bernay-Saint-Martin (Charente-Maritime). « On ne peut pas être élu et détourner le regard, ne pas s’engager ».

Plus de renouvelables, c’est plus de services publics

Chaque installation de production renouvelable génère des revenus fiscaux pour les communes qui l’accueillent : les taxes foncières et l’IFER (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux). Cet impôt s’applique aux parcs éoliens terrestres et solaires, et il varie selon la puissance installée. Les parcs éoliens en mer sont soumis à une taxe similaire, dont les recettes reviennent pour moitié aux communes littorales d’où les installations sont visibles. Cette fiscalité directe rapporte plusieurs centaines de millions d’euros aux collectivités chaque année en France : 352 millions d’euros en 2025 selon l’étude menée par Colombus Consulting & le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER). À cela s’ajoutent la fiscalité sur les entreprises des filières éolienne et solaire (emplois, bases foncières, contribution économique locale) et la fiscalité indirecte, qui ont rapporté environ 210 millions d’euros supplémentaires aux collectivités locales en 2025. De plus, si les parcs sont construits sur des terres communales, un loyer ou une redevance est versé chaque année à la collectivité.

Grâce à ces revenus supplémentaires, les communes peuvent investir dans les services publics sans augmenter les impôts locaux. Pour Philippe Ducrocq, maire de Bezinghem (Pas-de-Calais), les installations renouvelables permettent « d’offrir [aux] habitants les mêmes services que dans les collectivités voisines plus riches. Des services que l’on n’aurait peut-être pas pu se payer si l’on n’avait pas eu les éoliennes. Elles participent à la vie intercommunale. C’est plus de services, plus de crèches, des maisons médicales, du portage de repas pour les aînés ».

« Sans ces revenus, nous n’aurions pas pu construire la nouvelle école, la mairie, étendre la Maison de santé pluriprofessionnelle ou encore moderniser l’éclairage public », témoigne Joël Suin, maire de Trois-Rivières (Somme). « L’équipe municipale vient également de valider un projet de vidéoprotection et la sécurisation de certains aménagements routiers. Ces ressources nous permettent aussi de soutenir les familles, le monde associatif et d’envisager de nouveaux projets comme la brasserie-gîte-supérette. Ces retombées s’étaleront sur 25 ans, ce qui nous offre une stabilité financière précieuse. »

Une alliance concrète entre transition énergétique et cohésion territoriale, dont de nombreux élus témoignent dans le livret Paroles d’élus 2025 – Énergies locales, retombées locales et dans la série vidéo éponyme, disponible sur Youtube.

Les renouvelables, catalyseur de la transition énergétique

Les retombées des projets et les mesures d’accompagnement proposées par les développeurs permettent aussi aux communes de rénover l’éclairage public en installant des LED, d’améliorer l’isolation thermique de leur patrimoine immobilier, ou d’installer des équipements plus sobres. Elles diminuent ainsi leurs dépenses énergétiques, stabilisent leur budget et se protègent de l’envolée des prix de l’énergie durant les crises.

« Grâce aux retombées du parc éolien, nous avons pu installer des bornes de recharge pour les véhicules électriques, moderniser l’éclairage public en remplaçant les anciens lampadaires par des éclairages LED et illuminer le terrain de football, permettant ainsi des entraînements en soirée », témoigne Olivier Bertrand, maire d’Arcy-sur-Cure (Yonne). « Ces ressources financières supplémentaires nous offrent chaque année une capacité d’investissement accrue. »

Les communes peuvent aussi investir dans des infrastructures favorisant les mobilités douces et électriques : pistes cyclables, bornes de recharge, aires de covoiturage. Autant d’équipements qui renforcent la cohésion territoriale tout en accélérant la transition énergétique.

De l’énergie renouvelable pour le lien social et la solidarité

Réhabiliter un bâtiment, ouvrir un commerce multiservices, permettre le retour d’un service public de proximité, aménager un tiers-lieu : de nombreuses initiatives pour redonner vie au cœur des villages sont rendues possibles grâce aux retombées des renouvelables. Elles renforcent ainsi les liens entre les habitants et répondent à leurs attentes en matière de proximité et de convivialité.

« Grâce aux revenus générés par les éoliennes, nous avons pu réaliser un parc de jeux intergénérationnel au cœur de la commune », déclare Dorothée Legrand, maire de Favreuil (Pas-de-Calais). « Il est composé de deux boulodromes, d’une structure pour enfants, d’un panier de basket et d’un but de football, d’une table de ping-pong ainsi que d’un espace végétalisé. »

Les renouvelables financent également des politiques sociales, en particulier sur les enjeux énergétiques et l’adaptation au changement climatique. « Grâce aux retombées économiques et fiscales des éoliennes, nous finançons notre politique de l’habitat, notamment le programme d’aide contre les passoires énergétiques. En trois ans, 280 foyers en précarité énergétique ont pu être aidés », indique Sandra Le Nouvel, présidente de la Communauté de communes du Kreiz-Breizh (Côtes-d’Armor).

Des alliées du pouvoir d’achat des habitants et de la compétitivité des entreprises

Certaines communes peuvent faire bénéficier directement les contribuables des revenus générés par les renouvelables, en diminuant le niveau des impôts locaux sans réduire les services publics. D’autres préfèrent cibler les bénéficiaires : par exemple, Nouvion-et-Catillon (Aisne) finance grâce aux revenus de son parc éolien « les deux tiers du permis de conduire des jeunes du village (800 €), sésame indispensable quand on veut travailler, se cultiver ou tout simplement vivre lorsque l’on habite dans un village éloigné des bourgs attractifs », rappelle le maire Thierry Lecomte.

De nombreux parcs sont construits autour d’un financement participatif, permettant aux communes et aux habitants de participer au capital des projets et d’en percevoir les dividendes chaque année. Andilly-les-Marais, en Charente-Maritime, accueille par exemple un parc éolien citoyen articulé autour d’une coopérative réunissant 376 sociétaires. Avec une dimension sociale marquée – une part des bénéfices du parc est consacrée à la lutte contre la précarité énergétique sur le territoire – ce projet « redonne du sens à l’action politique », pour le maire Sylvain Fagot.

L’électricité produite localement peut aussi profiter directement aux habitants, aux entreprises et aux communes du territoire. Grâce à l’autoconsommation collective, une énergie photovoltaïque ou éolienne peut alimenter, en circuit court, des bâtiments publics, des entreprises ou des logements situés à proximité. En réduisant ainsi la facture d’électricité sans changer de fournisseur, cette solution renforce le pouvoir d’achat des ménages et sécurise les coûts pour les acteurs économiques locaux.

Enfin, certains projets incluent des dispositifs innovants de partage de la valeur, comme le « chèque énergies renouvelables » versé aux riverains sous différentes formes. Il s’agit d’un soutien financier annuel permettant de partager la valeur produite localement sur le territoire, tout en allégeant les factures d’électricité. Une logique de redistribution directe, transparente et volontairement ancrée à l’échelle locale, pour associer concrètement les habitants aux bénéfices de la transition.

Une dynamique industrielle générant de nombreux emplois locaux

Les renouvelables entraînent la création de nombreux emplois qualifiés et non délocalisables dans la construction, la maintenance et l’ingénierie. « Au-delà des loyers et taxes diverses, ce sont aussi des emplois créés localement : trois jeunes de la commune ont été embauchés pour la maintenance », se réjouit ainsi Paul Braud, maire de Saint-Jean-Lachalm (Haute-Loire), où est implanté un parc éolien depuis 2008.

Les phases de chantier mobilisent des entreprises locales dans le génie civil, l’ingénierie ou la logistique. Ces chantiers, souvent complexes, structurent un tissu d’acteurs techniques sur le territoire. Mais les effets se prolongent bien au-delà : des centres de maintenance s’installent au plus près des parcs, assurant un suivi sur plusieurs décennies et offrant des postes qualifiés, non délocalisables. Ces emplois pérennes contribuent à fixer les compétences localement, notamment chez les jeunes. La France compte déjà 107 bases de maintenance pour l’éolien terrestre, implantées majoritairement dans les territoires ruraux.

Dans l’éolien en mer, la France est devenue une base industrielle majeure à l’échelle européenne : elle accueille aujourd’hui un tiers des capacités industrielles de production d’éoliennes offshore et de sous-stations électriques en Europe. Côté solaire, le secteur évolue également vers une relocalisation industrielle. Si le marché est jusqu’ici dominé par des modules venus de Chine ou d’Asie du Sud-Est, deux projets d’usines de fabrication de panneaux photovoltaïques sont en cours de développement dans les régions Grand Est et Provence-Alpes-Côte d’Azur ; leur production couvrira largement les besoins de la France dans les prochaines années.

Cette dynamique industrielle des renouvelables, souvent méconnue, montre que la transition énergétique peut devenir un moteur pour l’économie de proximité, au service des territoires.

Souveraineté alimentaire et énergies renouvelables ne s’opposent pas

L’éolien et le photovoltaïque peuvent offrir un soutien économique précieux, notamment pour les jeunes agriculteurs qui reprennent une ferme. La location des terres garantit un revenu fixe aux agriculteurs, diversifiant et stabilisant ainsi leurs ressources.

Avec une emprise au sol bien moindre que les agrocarburants – 1 hectare de solaire permet d’alimenter en énergie 100 fois plus de voitures électriques qu’un hectare de colza destiné aux véhicules thermiques – les installations renouvelables permettent de réorienter les productions agricoles vers l’alimentation.

Dans un contexte de transition alimentaire et climatique, les renouvelables contribuent à maintenir une activité agricole viable et ancrée dans les territoires, tout en préservant notre souveraineté alimentaire.

Préserver la biodiversité et améliorer notre cadre de vie

Ces énergies renouvelables préservent le climat ainsi que la qualité de l’eau et de l’air : elles produisent de l’électricité sans émissions de CO₂, de gaz toxiques ni de particules. Elles participent également à la réduction de ces pollutions en fournissant de l’énergie aux véhicules électriques et aux pompes à chaleur, qui remplacent nos voitures à essence ou diesel et nos chaudières à gaz.

Les études préalables à la construction d’un parc fournissent des informations précieuses pour la connaissance de la faune et de la flore locales. Puis, des actions de renaturation accompagnent régulièrement les projets renouvelables durant la phase d’exploitation : restauration de zones humides, plantation de haies, désartificialisation ou encore gestion écologique des espaces. Ces initiatives favorisent le retour des espèces locales, recréent des continuités écologiques et participent à la valorisation du patrimoine naturel.

Développer les renouvelables, c’est préserver nos territoires pour les transmettre aux générations futures. « On travaille pour le futur, on travaille pour les énergies renouvelables, donc pour nos enfants », souligne Gilbert Gernet, maire de Saulzoir (Nord).Et si les renouvelables ont un impact sur le paysage, celui-ci est maîtrisé et doit être mis en perspective avec les risques d’un dérèglement climatique incontrôlé. « Nous dire que l’on abîme les paysages avec les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, ça n’a pas de sens », estime Annie Poinot-Rivière, maire de Bernay-Saint-Martin (Charente-Maritime). « Si on ne le fait pas, il n’y aura plus de paysages à défendre », s’inquiète-t-elle, avant de rappeler l’urgence de réduire rapidement et drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, « avant qu’il n’y ait plus rien à sauver ».

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