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Un déploiement accéléré des renouvelables d’ici 2035 réduirait les coûts de production et les prix de marché de l’électricité

Politiques publiquesSolaireÉolien terrestre
16 septembre 2026

Alors que l’électrification s’impose enfin comme une priorité de l’action publique, les énergies renouvelables constituent un des leviers stratégiques pour accompagner cette transition et répondre au triple impératif de souveraineté énergétique, de baisse de la facture et de lutte contre le réchauffement climatique. Sollicité par France renouvelables, le cabinet de conseil et d’audit Deloitte a étudié les impacts à horizon 2035 d’un déploiement accéléré des renouvelables sur le système électrique français. À l’aide d’une modélisation détaillée du système électrique, cette étude compare un scénario ambitieux avec la borne basse de la troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3). Les résultats montrent que le déploiement rapide de l’éolien terrestre et du solaire réduirait à la fois le coût moyen de production de l’électricité et l’exposition de la France aux énergies fossiles importées. En contrepartie d’un besoin de soutien public supplémentaire, cette dynamique générerait des effets économiques favorables pour la facture des ménages, la compétitivité des entreprises consommatrices d’électricité et les recettes locales des collectivités.

En résumé

Accélérer les énergies renouvelables permettrait de réduire le coût de production de l’électricité et de générer 500 millions d’euros d’économies nettes par an dès 2035.

Un développement ambitieux des EnR permettrait de réduire le prix de marché de 5€/MWh en 2035 (-8% par rapport à un déploiement contenu).

Les ménages bénéficieraient d’une électricité moins coûteuse et moins exposée aux fortes hausses de prix liées aux crises énergétiques.

Le développement du solaire et de l’éolien renforcerait la souveraineté énergétique en diminuant la production d’électricité à partir de gaz (-12% en 2035), réduisant ainsi nos importations de gaz fossile et améliorant la balance commerciale française.

Les batteries et les solutions de flexibilité (recharge intelligente, chauffage pilotable, etc.) augmenteraient l’efficacité du système électrique et limiteraient les pics de prix. En cas de crise du gaz, une ambition renforcerait limiterait de 30% la hausse des prix de marché de l’électricité.

L’accélération des renouvelables créerait des bénéfices économiques pour les consommateurs, les entreprises et les collectivités, mais nécessiterait un soutien public nécessaire au démarrage.

Ambition renforcée ou développement contenu : comparer deux scénarios d’essor des EnR en France à horizon 2035

Face aux tensions géopolitiques et à la hausse des coûts de l’énergie, l’électrification des usages s’impose comme un axe central de la stratégie énergétique française. Pour accompagner cette évolution, le mix de production devra s’ajuster. Cette analyse évalue la contribution des énergies renouvelables électriques et les bénéfices associés à une accélération de leur déploiement à l’horizon 2035.

Elle s’appuie sur le modèle énergétique de Deloitte DARE et compare deux scénarios de développement de l’éolien terrestre et du solaire :

• Le premier scénario, dit « développement contenu », correspond à une trajectoire de référence alignée sur la fourchette basse des objectifs de capacités renouvelables annoncés dans la PPE (55 GW pour le solaire et 35 GW pour l’éolien terrestre).

• Le second scénario, dit « ambition renforcée », retient une trajectoire plus élevée pour le solaire photovoltaïque et l’éolien terrestre, cohérente avec la fourchette haute de la PPE pour le solaire (80 GW) et les recommandations de France Renouvelables pour l’éolien terrestre (46 GW).

Ces deux scénarios se positionnent dans un contexte de forte électrification, atteignant 580 TWh de consommation en 2035, en ligne avec le scénario « décarbonation rapide » du bilan prévisionnel de RTE, seule trajectoire compatible avec l’atteinte de nos objectifs de décarbonation.

Une ambition renforcée sur les EnR permettrait d’atteindre une production d’environ 250 TWh d’électricité décarbonée en 2035, soit 50 TWh de plus que la borne basse de la PPE 3.

Cette production décarbonée supplémentaire permettrait de tirer les prix de marché vers le bas et de réduire l’usage des centrales à gaz pour la production électrique. Elle génèrerait des gains pour les ménages, les entreprises, les collectivités et renforceraient notre indépendance énergétique.

Le développement accélérée des EnR électriques : un investissement aux bénéfices nets

L’analyse à l’horizon 2035 montre l’essor des batteries et des moyens de flexibilité qui se combine avec la baisse des coûts du solaire et de l’éolien pour renforcer leur compétitivité. D’ici 2035, les coûts de production d’une installation renouvelable couplé à du stockage par batterie sera nettement plus bas que celui d’une centrale à gaz à cycle combinée. En parallèle, l’électrification des usages ouvre un espace pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables.

Dans ce contexte, accélérer le déploiement des EnR avec un scénario ambitieux permet de réduire les coûts de production de l’électricité, avec un gain collectif estimé à 500 millions d’euros par an en 2035. Cette meilleure efficacité entraînerait des gains significatifs pour les ménages et les entreprises.

L’essor des renouvelables contribuerait également à réduire la volatilité des prix de l’électricité, améliorer la compétitivité des entreprises électrifiées et renforcer la souveraineté de la France. Cette accélération impliquerait un soutien public légèrement accru de la part de l’État pour initier les investissements. Il serait cependant partiellement compensé par les recettes additionnelles perçues par les collectivités territoriales, et collectivement bénéfique au vu des gains pour l’ensemble des acteurs.

Coûts, souveraineté, compétitivité : les gains clés d’un mix français plus renouvelable

Les renouvelables baissent les coûts de production de l’électricité
Un essor accéléré des renouvelables – aligné sur la fourchette haute de la PPE 3 plutôt que sur la fourchette basse – permet de baisser le coût moyen de production en 2035 en France, dans un contexte d’électrification rapide. Cette baisse des coûts induirait 500 millions d’euros par an d’économies nettes pour les Français en 2035.

Des prix de marché plus bas au bénéfice des consommateurs
L’accélération des EnR ferait baisser le prix moyen de marché de 5 €/MWh en 2035, soit 8% de moins que dans l’hypothèse d’un développement contenu.

Un gain net pour les ménages
L’électricité est une préoccupation centrale des Français, avec une facture moyenne d’environ 1 450 €/an. La baisse estimée des coûts de production se traduirait en gains directs pour les ménages, avec un gain d’environ 34 €/an TTC pour un ménage moyen, et jusqu’à 61 €/an TTC pour un ménage rural électrifié.

Un bouclier renforcé contre les crises
Les renouvelables agiraient également comme un amortisseur des pics de prix de l’électricité, avec 30 % de hausse en moins lors des crises sur le gaz. Les modélisations de Deloitte prennent pour référence un prix bas du gaz en 2035 (29€/MWh). Les gains pour les consommateurs sont bien plus importants lorsque les cours s’envolent : si le prix du gaz se rapproche du niveau de 2022, le gain d’une ambition renforcée pour les EnR serait d’environ 13€/MWh.

Un coût de soutien mais un gain sur les recettes fiscales locales pour les pouvoirs publics
Le soutien public supplémentaire lié à l’accélération des EnR est estimé à 740 millions d’euros par an en 2035 pour l’État. Ce soutien public baisserait le coût total de production de l’électricité et les prix de marché dans un contexte d’électrification rapide, générant d’importantes économies pour les ménages et les entreprises. En parallèle, les collectivités locales bénéficieraient d’une hausse des recettes fiscales liées au surcroît d’activité, estimée à 210 millions d’euros par an en 2035, ce qui viendrait contrebalancer le coût pour l’État.

Un pas supplémentaire vers une énergie souveraine
Une ambition renforcée sur les EnR réduirait la production d’électricité à partir de gaz en France de 3 TWh par an en 2035 (-12%). Soit environ 500 millions d’euros d’achats de gaz seraient évités sur la période 2030-2035 grâce à la réduction des importations de gaz, avec une amélioration de la balance commerciale. De plus, l’analyse de Deloitte estime que l’électricité produite avec de l’éolien et du solaire contient respectivement quatre et sept fois moins d’importations que celle produite avec du gaz.

Un potentiel à renforcer avec les flexibilités
Ces gains seront renforcés par l’activation des nombreux leviers de flexibilité du système électrique : charge intelligente des véhicules, chauffage pilotable, etc. Leur activation permettrait de réduire l’écrêtement des renouvelables de 10 % et de réduire de 20 % les pics de prix (prix supérieurs à 130 €/MWh) pour les consommateurs. L’activation des flexibilités de consommation réduirait le prix moyen de marché de près de 4 €/MWh. Par ailleurs, le déploiement de 1 GW de batteries apporterait environ 90 M€ d’économies annuelles au système électrique.

Une protection et une voie de compétitivité pour les entreprises
Le prix du gaz importé pour les industriels en Europe est environ 5 fois plus élevé qu’aux États-Unis, sachant que les seuls coûts de transport depuis les États-Unis reviennent à doubler le coût en Europe. Il est aussi 30 % plus élevé qu’en Chine sur la période 2022-2025. Dans ce contexte, l’électrification des procédés peut contribuer à renforcer la compétitivité des entreprises. Le transport routier, les boulangeries ou les blanchisseries, demeurent particulièrement vulnérables aux prix de l’énergie. Pour une boulangerie électrifiée, la baisse des prix se traduirait par des économies de plus de 1 000 €/an, tout en protégeant des pics de prix futurs.
La baisse de prix de l’électricité permise par les renouvelables permettrait de réduire les coûts totaux de production d’environ 4 % pour la production d’aluminium primaire et la chimie, dans un contexte de filières sous fortes tensions internationales.

Un déploiement accélérer des énergies renouvelables permettrait donc de produire une électricité moins coûteuse pour accompagner l’électrification des transports, de l’industrie et des bâtiments, tout en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles importées. L’analyse de Deloitte démontre qu’un scénario ambitieux pour développer les EnR électriques en France permettrait de réduire le coût moyen de production de l’électricité de baisser la facture d’électricité des ménages et de limiter les hausses de prix lors des crises énergétiques.

France Renouvelables
Deloitte - Impacts d'un essor rapide des énergies renouvelables en France à horizon 2035